
C'est le 17 juin 1778 qu'eut lieu l'affrontement entre la frégate française Belle Poule et la frégate anglaise Aréthuse. Ce combat, qui s'est traduit par une incontestable victoire française (l'affaire est suffisamment rare pour qu'elle soit soulignée) s'est déroulé au large des côtes léonardes, face à la baie de Goulven. Si l'événement a eu, à l'époque, un retentissement considérable en France, c'est qu'il marque le début de l'engagement armé de la France dans la guerre d'indépendance américaine. Et si, à Versailles et dans la haute société on portait la célèbre coiffure à la Belle Poule, il est fort à parier qu'excepté quelques rares habitants de Plouescat cet événement soit resté inconnu de mes ancêtres qui habitaient les paroisses côtières, entre Plouguerneau et Cléder...
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Le 4 juillet 1776, lors du Congrès continental les Etats-Unis d'Amérique déclarent leur indépendance, les colonies anglaises devenant des États libres et indépendants. Les habitants de ces états ne se considèrent plus dès lors comme des rebelles mais comme les citoyens libres d'une nation souveraine en lutte contre une puissance étrangère. La guerre d'indépendance, opposant 13 colonies de la côte est nord-américaine à leur puissance coloniale, l'Angleterre, a connu des fortunes diverses depuis 1773. En 1777, les insurgents qui se trouvent dans une situation délicate reçoivent le soutien direct de la France. Le jeune Marquis de La Fayette rejoint leurs rangs avec une troupe de volontaires équipée à ses frais. La Fayette revient en France pour accompagner Benjamin Franklin dans sa négociation afin d'obtenir le soutien officiel de la France à la guerre de l'Indépendance des colonies britanniques d'Amérique. |
![]() La coiffure "à la Belle Poule" |
Le combat entre la BELLE POULE et l' ARETHUSE
Chadeau de la Clocheterie est chargé par le Lieutenant-Général d'Orvilliers, commandant la flotte de l'Atlantique, d'une mission de surveillance maritime en Manche occidentale. Il s'agit plus particulièrement de suivre les mouvements de l'escadre anglaise placée sous les ordres de l'Amiral Keppel. Pour mener à bien cette mission il dispose de quatre vaisseaux : la Belle Poule, la frégate Licorne dotée de 26 canons, la corvette Hirondelle disposant de 16 canons et le Coureur, lougre armé de 8 canons.
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![]() Une terrible bordée de la Belle Poule démâte l'Aréthuse |
![]() Photo de l'anse de Cam Louis en Plouescat |
Pour panser ses plaies, Chadeau de la Clocheterie décide alors de faire voile vers la terre, étroitement surveillée par deux frégates ennemies. Navigant au milieu des rochers et des récifs de cette côte déchiquetée, il aborde vers minuit à l'est de la baie de Goulven, dans la petite anse de Cam Louis sur la partie nord de la paroisse de Plouescat. |
La Belle poule a payé cher sa victoire. On compte une quarantaine de morts dont Monsieur Le Grain de Saint-Marceau(1), le capitaine en second, originaire de Granville, et une soixantaine de blessés. Monsieur Delaroche-Kerandron, enseigne, a un bras cassé et Monsieur Bouvet est blessé moins grièvement. Dans son rapport au Lieutenant-Général d'Orvilliers, Chadeau de la Clocheterie, blessé lui-même à la tête et la jambe, rend hommage au courage de ses officiers et de ses hommes :Je ne saurais trop louer, mon général, la valeur intrépide et le sang-froid de mes officiers : Monsieur le Chevalier de Cappellis a su inspirer toute son audace aux équipages dans la batterie qu'il commandait. Monsieur de La Roche, blessé après une heure et demie de combat, est venu me faire voir son bras, a été se faire panser et est revenu reprendre son poste. Messieurs Mamard et Sbirre, officiers auxiliaires, se sont comporté avec toute la bravoure qu'on a droit d'attendre des militaires les plus aguerris. Monsieur Bouvet, blessé assez grièvement, n'a jamais voulu descendre. Mon équipage est digne de partager la gloire que se sont acquis mes officiers. Chadeau de la Clocheterie demande que les blessés soient transportés au Folgoët sous la responsabilité du chirurgien-major de la Belle Poule, chargé également de transmettre un rapport au Lieutenant-général d'Orvilliers, à Brest, distant d'une quarantaine de kilomètres. Les morts, quant à eux, sont inhumés dans l'ancien cimetière de Plouescat qui se trouvait au Sud-Est de la place au chevet de l'ancienne église. La seule trace qui nous reste de cette inhumation est l'acte de sépulture de Le Grain de Saint-Marceau.
(1) On trouve sur Internet peu de Grain de Saint-Marceau mais plusieurs Green de Saint-Marceau
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![]() Situation de Cam Louis sur la Commune de Plouescat (Carte IGN) |

![]() La coiffure A la Belle Poule |
Les dommages causés à la Belle Poule sont considérables. Les voiles sont déchirées et criblées d'éclats, les mâts hors d'usage, la coque fait eau. Malgré la surveillance exercée par deux bâtiments de guerre anglais, deux navires français venus de Brest avec une centaine de matelots aguerris et familiers des dangers de la côte, réussissent à ramener la Belle Poule à Brest. L'accueil y est triomphal. Chadeau de la Clocheterie est promu capitaine et son équipage reçoit du Roi honneurs, avantages et pensions. Le retentissement à la Cour et dans toute la France est considérable. le courage des officiers et de l'équipage suscite une admiration générale.
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La naissance de la BELLE POULE
![]() Le Roi François 1er |
Le premier août 1533 le Roi FRANCOIS 1er, en tournée dans sud-ouest de son royaume, fait son entrée dans sa bonne ville de Toulouse. Il est reçu par une femme magnifique, une beauté de 15 ans, Paule de VIGUIER, Baronne de FONTERVILLE que l'on disait la plus belle femme du royaume, - une des merveilles de l'univers - chargée de lui remettre symboliquement les clés de la ville et de lui réciter un compliment. Le Roi, qui était un connaisseur, s'exclama Oh ! La Belle Paule... Le mot fut entendu, fut répété en occitan où il devint La Bella Paoula. |
![]() La foule de la place du |
La Belle Poule était une frégate de 43 mètres pour une jauge de 650 tonneaux, armée de 30 bouches à feu : 26 de XII et 4 de VI. 260 hommes vivaient à son bord. Le seul coût des décorations, dues au talent de Martial Cessy, sculpteur à Bordeaux, s'élèvent à huit cent cinquante livres ...dont le montant me sera remis au fur et à mesure du progrès de l'ouvrage déduction cependant des quatre denier pour livres attribués aux invalides de la Marine ...sachant que ...les bois et les fers me seront fournis par le Roy. Elle fut le tout premier bâtiment de la Royale qui reçut un doublage en cuivre en 1772. Lors d’affrontements maritimes, le bateau doublé en cuivre, plus rapide, prenait généralement l’ascendant sur celui encore doublé en bois, la vitesse étant alors un facteur stratégique décisif. |
![]() Jean-François de Lapérouse |
Les autres BELLE POULE
La deuxième...
La troisième...
Celle qui eut l'honneur d'assurer le Retour des cendres de Napoléon de Sainte-Hélène en France en 1840.La troisième Belle Poule fut mise en chantier sur cale couverte - une nouveauté - à Cherbourg en 1828 pour n'être lancée qu'en 1834 et armée en juillet 1835. Elle mesurait 54 mètres de longueur pour près de 15 mètres de largeur et déplaçait 1500 tonneaux. Construite sur le modèle du croiseur américain Constitution, cette frégate, dont les qualités étaient exceptionnelles et qui pouvait tenir une vitesse moyenne de 11 noeuds, était armée de 60 pièces et embarquait 450 hommes.Détachée à l'escadre du Levant de Toulon en 1839 elle fut placée sous le commandement du Prince de Joinville, le troisième fils du Roi Louis-Philippe. La Belle Poule a été choisie pour se rendre à Sainte-Hélène afin de ramener en France la dépouille mortelle de Napoléon 1er. Pour l'occasion, elle reçut des aménagements spéciaux et fut repeinte en noir. Après une solennelle cérémonie d'exhumation, le cercueil contenant les restes de l'Empereur fut transféré à bord de la Belle Poule le 30 septembre 1840 à 5h45. |
![]() La troisième Belle Poule |

La quatrième...
![]() La quatrième Belle Poule |
Celle que nous connaissons tous...La quatrième Belle Poule (comme sa soeur l'Etoile) est une goëlette à hunier de 37,50 mètres construite en 1932 à Fécamp pour servir de navire-école à la Marine nationale, sur le modèle des bateaux qui partaient de Paimpol à la pêche de la morue à Terre-Neuve.En 1940 elle rejognit l'Angleterre et constitua le noyau du Groupe de l'Ecole Navale des Forces Navales françaises Libres ce qui lui permet d'arborer au beaupré le pavillon à Croix de Lorraine.Outre ses missisons de navire-école la Belle Poule participe aux rassemblement des vieux gréements. |
Sources :
Histoire de Plouescat : http://www.plouescat.free.fr/histoire.htm
Netmarine : http://www.netmarine.net/tradi/celebres/marigny/
Site de Jean-Louis Tourbier : http://perso.orange.fr/jln.tourbier/
Site de Mairie de Tourlaville :
http://www.mairie-tourlaville.fr/fr/tourisme/tourisme_et_patrimoine/dossiers_en_consultation/default.asp
Toulouse Renaissance : http://www.toulouse-renaissance.net/paule.htm
Falconstein - Maquettes de bateaux : http://www.falconstein.de/product_info.php?products_id=69
Site de l'Ancre : http://www.ancre.fr/BellePoule/BP_2.htm
Site de Napoléon 1er : http://ameliefr.club.fr/Retour2.html
L'Histoire par l'image : http://www.histoire-image.org/index.php
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